LE RANDONNEUR GLAZIK

LE RANDONNEUR GLAZIK

TRO BREIZH

 

QUIMPER - RENNES

Samedi 28 avril 2012

211km / D+ 2090m / 9h05mn10s

 

Quimper / Coray / Scaër / Le Faouët / Priziac / Le Croisty / Ploërdut / Guéméné Sur Scorff / Pontivy / Rohan / La Trinité Porhoët / Saint Brieuc De Mauron / Gaël / Montfort Sur Meu / Breteil / L’Hermitage / Vezin Le Coquet / Rennes

 


Quimper avant le départ de gauche à droite : Gwénaël - Dominique - Christian - Frédéric - Jean-Pierre - Stéphane - Philippe - Jo - Abdel.

 

28 avril 2012, à la fois le départ de ce que Christian, « le boss », a baptisé notre « Tro Breizh » et la date de mon cinquantième anniversaire [Le Tour de Bretagne ou Tro Breizh est un pèlerinage catholique, à réaliser à pied, reliant les villes des sept saints fondateurs de la Bretagne. Les villes du Tro Breizh sont : Saint-Pol-De-Léon, Tréguier, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dol De Bretagne, Vannes et Quimper.]. Si l’un ne me touche pas particulièrement, notre petit tour en trois étapes à travers la Bretagne accapare mon esprit depuis quelques mois et a exigé, en ce qui me concerne, un entraînement sérieux afin de ne pas être à la ramasse à la moindre difficulté. J’avais tablé sur 3500 km avant la date butoir, j’en aurai couvert 3400.

 

Frédéric et Dominique nos deux avions de chasse.

 

28 avril, rassemblement place de la Résistance à Quimper à 6h45 pour un départ à 7h00. Les neuf fringants coursiers du dimanche matin ont transformé leur fier étalon en cheval de labour, le voyage se faisant en totale autonomie. Certains vont voyager en version « panzer », ainsi Stéphane qui transporte toute sa garde-robe, d’autres à l’image de Dominique et au vu de son équipement ne semble avoir apporté pour tout vêtement qu’un ou deux strings ! Quant à moi, outre ma grande sacoche de selle habituelle j’ai équipé le Lapierre d’une nouvelle sacoche de guidon de plus grande capacité avec une fixation système D qui tiendra parfaitement. Je porterai également un Camelbak transformé en sac à dos pour le « matériel » sensible.

7h00, c’est parti ! Les héros du jour s’élancent pour la première étape, celle qui va nous conduire à Rennes. Il fait un peu frais mais nous avons droit à de belles éclaircies et c’est même sous le soleil que nous atteignons Le Croisty pour la pause matinale. Ça déroule tranquille, mais plus le temps passe et plus le ciel se charge de menaces. Avant la pause déjeuner (Rohan, km 116) quelques gouttes font une timide apparition mais n’insistent pas.

 


Gaël : Après la pause il faut reprendre la route sous la pluie et dans la froidure.

 

Notre groupe, dès que survient une difficulté, à tendance à se casser en deux, c’est ce qui arrive entre autres à La Trinité Porhoët… et voilà que je me retrouve devant avec nos deux avions de chasse, Dominique et Frédéric, rapidement je laisse filer, je ne tiens pas à me griller en moins de 10 bornes, il en reste encore 75 à couvrir. Je fais un bout de route seul en chasse patate avant de m’arrêter pour attendre le gros de la troupe, d’autant que depuis le déjeuner le vent de trois quarts face n’a cessé de se renforcer. Gaël (km 160) petite pause et grand tournant, à partir de ce moment la météo va devenir exécrable et le restera jusqu’à la fin de notre périple. Ainsi nous achèverons la journée sous la pluie, soit les cinquante derniers kilomètres qui nous séparent de Rennes, et c’est bien trempés que nous arriverons à l’hôtel. Une fois douchés et séchés nous terminerons la soirée au resto dans la joie et la bonne humeur.

 


Des cyclos trempés mais heureux d'être arrivés à Rennes.

 

Pour ma part je suis satisfait de ma journée, je n’ai eu aucun mal à suivre, et sauf des crampes (quand il fait froid j’ai tendance à oublier de boire) juste avant la pause de Gaël (qui du coup tombait à pic) rien à signaler ; un peu fatigué certes mais rien d’anormal après 211 kilomètres de vélo… et puis ce n’est pas tout le monde qui possède la chance de fêter son cinquantième anniversaire d’une telle manière.

 

 

RENNES - SAINT BRIEUC

Dimanche 29 avril 2012

184km / D+ 1484m / 8h21mn26s

 

Rennes / Melesse / Guipel / Dinge / Combourg / Dol De Bretagne / Le Vivier Sur Mer / Saint Meloir / Cancale / Pointe du Grouin / Saint Malo / Dinard / Saint Briac / Ploubalay / Plancoët / Lamballe / Iffiniac / Langueux

 


On prend les mêmes (sauf Abdel) et on repart bien sûr sous la pluie !

 

Pour la deuxième étape côté météo il y allait avoir du bon et du mauvais. Le bon c’était un vent favorable pour faire Rennes – Saint Malo, un vent qui devait ensuite tourner avec nous pour nous conduire à Langueux près de Saint Brieuc. Le mauvais c’est que nous allions avoir encore de la pluie jusqu’à Saint Malo et un régime d’averses pour l’après-midi. Pour ce second volet de nos aventures nous perdons l’un des nôtres puisque Abdel doit rentrer sur Quimper, le malheureux travaillant le lundi.

 


Pause chocolat chaud à Dol de Bretagne. De G à D : Frédéric, Christian, Stéphane et moi.

 

Même vent arrière il n’est guère agréable de pédaler sous la flotte, très vite les gants et les chaussures dégorgent d’eau, sans compter qu’une route bien mouillée demande davantage de vigilance et de toute façon un horizon bouché n’incite guère à la contemplation (même si j’ai apprécié de revoir Combourg et le château où vécu François René de Chateaubriand). Malgré cela le moral reste élevé et c’est plein d’entrain que nous franchissons les portes de la cité corsaire pour la pause déjeuner.

 


De gauche à droite : Moi, Stéphane et Frédéric.

 

La météo n’est pas vraiment une science exacte et le vent qui devait nous être favorable a finalement décidé que cela serait davantage amusant de nous en mettre plein la face ! Pour ne rien arranger il se renforce considérablement, nous allons affronter des vents soufflants à 55km/h de moyenne avec des rafales frisant les 80 ! Dans ces conditions le franchissement du barrage de la Rance se transforme en numéro d’équilibriste et tout l’après-midi il faudra se montrer vigilant ; même attraper le bidon, geste pourtant naturel, ne sera pas sans risque. Les 80 kilomètres qui séparent Saint Malo de notre ville étape seront vraiment éprouvants, d’autant que la pluie ne nous épargnera pas sur la fin et une fois de plus nous terminerons bien trempés. L’après-midi verra aussi la seule crevaison de ces trois jours… et elle sera pour ma pomme. Mes camarades de route auront apprécié, non pas que je crève mais que je leur fasse bénéficier d’une petite pause supplémentaire. A propos de pause nous nous délecterons de notre arrêt dans un bar perdu au milieu de nulle part où un tenancier d’un autre âge nous servira un chocolat bien chaud préparé comme à la maison.

Nous arrivons enfin à l’hôtel où nos deux bolides déjà douchés nous attendent. Le Quick Palace, qui n’a de palace que le nom, même s’il n’y a rien à lui reprocher au niveau de la propreté, présente l’inconvénient de ne pas posséder de local pour ranger nos vélos, ces derniers finiront donc dans nos chambres… Je me permettrai alors de faire remarquer que c’était finalement une grande chance que nous n’ayons pas décidé de faire ce tour de Bretagne à cheval ! ! !

 


Après la pause déjeuner à Saint Malo, on ne va pas tarder à perdre le sourire...

 

La journée s’achèvera évidemment au restaurant pour un moment de grande convivialité qui nous fera un instant oublier la fatigue accumulée au fil des kilomètres. Cette fatigue que nous risquions de payer cash le lendemain durant la séance de montagnes russes. Une étape du jour très difficile certes mais une grande satisfaction pour moi de n’avoir jamais été lâché, de n’avoir subi aucun coup de barre. Et bien sûr un immense regret, un temps aussi pourri ne nous aura pas permis de profiter pleinement des magnifiques paysages qu’offre cette région, face à un tel acharnement des conditions climatiques la seule préoccupation était d’arriver à bon port.

 

 

SAINT BRIEUC - QUIMPER

Lundi 30 avril 2012

152km / D+ 1749m / 7h30mn30s

 

Langueux / Saint Brieuc / Plerneuf / Châtelaudren / Bourbriac / Maël Pestivien / Saint Nicodème / Carhaix / Port de Carhaix / Saint Hernin / Spézet / Saint Goazec / Laz / Trégourez / Langolen / Quimper

 


Dernière photo de groupe avant le départ de l'ultime étape.

 

L’étape de la veille a laissé des traces, malgré une bonne nuit de sommeil, des stigmates de fatigue persistent. Le temps reste maussade, toujours du vent (il sera en ce lundi moins violent que la veille et s’il ne sera jamais favorable, perturbera moins notre avancée), encore des pluies intermittentes, il est dit que nous ne finirons pas notre odyssée au sec. Peu de goût à faire du vélo, mais il faut bien rentrer et surtout ne pas trop gamberger sur le menu de la journée qui ne va guère nous laisser de répit avec son relief particulièrement bosselé.

 


On quitte notre palace et on rentre à la maison !

 

Si les bonshommes souffrent en cette ultime épreuve (sauf peut être les extraterrestres Dominique et Frédéric qui ont démarré au quart de tour et qu’on ne reverra pas de la journée), certaines mécaniques commencent à ressentir des faiblesses ; peu après Châtelaudren le porte-bagages de notre camarade Jo commence à se désintégrer, un arrêt dans une étable et l’assistance d’un agriculteur fort sympathique lui permettront de poursuivre sa route. J’en profite pour demander si l’un d’entre nous ne traînerait pas des porte-jarretelles dans ses bagages, car le pauvre Jo à également des soucis avec ses jambières !

 

Jo répare son vélo pendant que Stéphane tente de séduire une vache !

 

Physiquement des petites faiblesses apparaissent, le pauvre Philippe avoue qu’il n’a plus du tout envie d’appuyer sur les pédales, ce qui ne l’empêche pas d’avancer au courage. Pour ma part depuis le départ de notre palace je ressens une vive douleur derrière le genou gauche et crains une tendinite, avec le temps pourri qui nous maltraite depuis tant de kilomètres cela n’aurait rien d’étonnant. Je me ressers alors les vieilles sentences d’un honorable prof de sport que j’eu la chance d’avoir autrefois : « La souffrance forge le caractère ! » ou bien encore « Je n’entraîne pas les gonzesses, les gonzesses c’est l’école à côté ! » et j’avance…

Nous avons l’impression qu’une éternité s’est écoulée avant notre entrée dans Carhaix, la ville que l’on finissait par croire ne jamais pouvoir atteindre. Une halte bienfaisante dans un resto rapide et un repas chaud et consistant nous redonnent un bon coup de fouet, on en profite pour découvrir un goût très prononcé pour la salade de la part de Gwénaël ! Si notre Tro Breizh s’est un peu transformé en chemin de croix, notre moral n’est pas atteint, l’ambiance reste bonne au sein de la troupe et ça vaut mieux, parce que de Carhaix à Quimper des bosses on va s’en manger et des sévères.

S’il en est une que je redoute c’est le mur qui marque l’entrée de Saint Goazec, celui-là je l’ai dans la tête depuis le matin, finalement comme pour tout le monde ça passe et du coup le reste ne sera plus qu’une formalité… une formalité bien arrosée dans sa dernière partie entre Trégourez et Quimper où des trombes d’eau nous tombent dessus, jusqu’au bout la météo aura été contre nous.

 


Ouest France du 2 mai 2012

 

Au final mon compteur affichera 547 kilomètres pour 5323m de dénivelé positif et 24h57mn06s de selle. En soit cette randonnée (un grand merci à Christian pour l’organisation) n’avait rien de particulièrement insurmontable, ce sont les conditions climatiques (pluie, vent, froid) qui l’ont considérablement durcie. Ces dernières nous ont obligés à nous concentrer sur l’effort, ceci au détriment de l’aspect touristique. A titre personnel je suis plutôt satisfait de ma « performance », ma crainte était de ne pouvoir suivre le rythme, en fait jamais elle ne fut justifiée. Heureux d’en avoir terminé, heureux de l’avoir fait et heureux d’avoir attaché de nouvelles pages à mon album souvenir vélocipédique.

 


 



16/01/2014
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