LE RANDONNEUR GLAZIK

LE RANDONNEUR GLAZIK

OCÉAN MANCHE OCÉAN 2015

Océan Manche Océan, soit Bénodet – Carantec – Bénodet : 230km pour un dénivelé positif de 2331m (voir la présentation ici). Autant dire qu’il faut un peu plus qu’un minimum de préparation pour ne pas trop souffrir et venir à bout de cette randonnée organisée par mon club, les Cyclos Randonneurs Quimper Cornouaille.

La dernière fois, la première aussi, que je m’étais lancé dans cette affaire, je n’arrivais pas au bout : une chute à Lopérec au km 58 et une cheville douloureuse m’empêchaient de regagner Bénodet, je m’arrêtais à Quimper après 214 km ; étant sans voiture il aurait fallu ensuite que je revienne une dernière fois sur Quimper, c’en était trop pour l’os de ma cheville dont j’ignorais sur le moment qu’il était fêlé.

Malgré ce souvenir douloureux je n’hésitais évidemment pas à m’inscrire sur l’édition 2015, et puis un président se doit de montrer l’exemple ! Bien préparé, plus de 6000km dans les jambes, je ne me fais guère de souci sur mes capacités à faire l’aller / retour. Ce qui m’inquiète davantage c’est le comportement des deux patapons déguisés en cyclotouristes : espérons que Jean-Pierre et Sabine ne partiront pas bille en tête !

 

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En poste dès 4h00 du matin, Josette, Michèle et Patricia inscrivent les cyclos et offrent le café.

 

6h00, le jour se lève, il est temps de partir. Outre Jean-Pierre et Sabine, rouleront avec moi Jo et Pascal du club et Michel, un ami adhérent comme moi de l’association VéloTrainer, et, pour Michel, licencié dans le club FFCT du même nom. Michel qui aura traversé la France d’est en ouest pour être des nôtres.

Avec nous il devait y avoir un membre de VéloTrainer venu de Vendée, il était bien présent à Bénodet pour nous saluer au départ… et rentrer chez lui, il avait oublié ses chaussures ! Par charité chrétienne, je tairai son nom. Rajoutons pour être complet que pour Sabine cette randonnée a failli s’appeler « Océan / Océan » suite à une gamelle en rejoignant le point d’inscription, heureusement, rien de grave, et nous filons sur Quimper où nous récupérons au passage l’ami Jean-Pierre.

Le ciel est bien couvert, il ne fait pas très chaud non plus, seul point positif le vent nous est favorable mais il ne souffle pas très fort… Cela hélas changera et pas à notre avantage. Et ceux qui me connaissent savent qu’à vélo je n’ai qu’un ennemi, je ne crains qu’une chose : le vent !

Ça déroule tranquille jusqu’à Châteaulin où nous faisons une première pause technique. Là Jean-Pierre prête un vêtement à Pascal qui voyage un peu trop léger, je ne sais pas si Pascal comptait faire les 230 km et être rentré pour le poulet / frites de midi, mais le bougre n’a même pas prévu de pique-nique, ni même un maigre pécule !

Les choses se compliquent après Châteaulin, on attaque les Monts d’Arrée, ça grimpe et l’allure est assez soutenue, Jo le colosse n’arrive pas à suivre. A Lopérec il décide de poursuivre en solo. Quant à moi je passe le village maudit sans encombre !

Alors que nous montons vers Menez Meur, un cyclo du club de Fouesnant nous rejoint, Philippe fera le reste du parcours avec nous. Quand nous gagnons enfin les hauteurs, le spectacle est décevant, les vues sont bouchées par le brouillard, impossible de discerner la montagne de Brasparts. Il faut bien avouer également que je ne ferai guère de photos, plus préoccupé par la nécessité de rester dans les roues de mes acolytes.

Une fois atteint Menez Meur, le plus dur du voyage aller est fait ; ce ne fut pas facile de suivre le rythme imposé par Jean-Pierre et Sabine, le premier est une locomotive que rien ne semble pouvoir arrêter, la seconde ira bientôt rouler avec le groupe le plus costaud du club. Michel lui est à l’aise, il ne descend guère de la grande plaque, il est vrai qu’il a les Vosges et le Jura pour terrains de jeu habituels. Philippe qui vient de réussir avec succès les brevets qualificatifs pour attaquer son second Paris – Brest – Paris est également serein.

A partir de là, nous rejoignons Saint-Cadou, le lac du Drennec et remontons vers le nord sur de plus grands développements. Ça roule, et même plutôt vite, un phénomène qui m’inquiète car le vent qui nous souffle dans le dos ne cesse de se renforcer, le retour s’annonce copieux !

 

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Le point de ravitaillement à Carantec, Yolande fait les comptes, il ne faudrait pas laisser des cyclos errer dans la pampa !

 

Saint-Sauveur, Guimiliau, Guiclan, Penzé, Henvic et enfin Carantec où nous sommes accueillis au stade municipal, aimablement mis à notre disposition par la ville de Carantec, par Yolande et Armand, deux membres de notre club qui tiennent le poste de ravitaillement. Nous nous restaurons entre autres d’un délicieux far breton fait maison. Là nous retrouvons 3 autres CRQC, du beau linge (!), Yvonne, vice-présidente du club, René, président du CODEP29FFCT et Alain qui vient de faire deux voyages itinérants dont l’un de 1300 km. Bizarre… ils sont partis une heure avant nous, je regarde donc mon compteur et manque en faire un malaise ! 25.53 de moyenne, ça n’est pas encore du cyclosport, mais plus vraiment du cyclotourisme, plutôt du cyclotourisport !

Après avoir repris des forces nous filons sur Morlaix en longeant la rivière du même nom. Là, comme prévu, on rigole moins avec le vent de face. La traversée de la ville est compliquée par des festivités maritimes qui nous obligent à slalomer dans la foule. Une fois sortis de Morlaix, une belle bosse nous attend pour rejoindre Pleyber-Christ, je perds du terrain sur mes compagnons de route ; Pascal, qui manque visiblement de kilomètres, est encore plus loin derrière moi. Une fois sur le plat je fais un effort pour rentrer sur le duo infernal et l’imperturbable Michel ; je suis bien aidé par Philippe le Fouesnantais qui nous a rejoints en route.

Il est aux alentours de 12h30 quand nous atteignons Pleyber-Christ où nous décidons de faire la pause pique-nique. Un moment de détente sympathique où Jean-Pierre, bon prince, cède l’un de ses sandwiches à Pascal qui n’a même pas pris quelques euros pour faire ses commissions au Super U du coin pourtant ouvert ! Quand on connaît l’appétit féroce de Jean-Pierre, on espère juste que sa générosité ne sera pas cause d’une défaillance en route ! Cela me fait me rappeler également que Michel, lui, est connu dans l’association VéloTrainer sous le surnom de l’Ogre de Quincey, souvenirs de rencontres où le resto était aussi important que le vélo !

 

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On en a terminé avec le pique-nique mais visiblement personne ne semble décidé à repartir !

 

On est bien là, tranquille, mais il faut néanmoins penser à en terminer avec cette histoire. Nous enfourchons nos montures, la remise en route est difficile, il me faut m’échauffer à nouveau et non seulement ça monte, mais en plus le vent ne cesse de se renforcer. L’ascension vers le col de Trevezel tourne au cauchemar pour moi, un gros coup de mou. Du moins c’est ce que je crois, mais quand je regarde mon compteur, je roule plutôt bien par rapport à ce que je suis capable de produire habituellement. C’est juste que quoi que je fasse avec mon gabarit taillé dans un haricot vert, si je ne me fais aucun souci pour l’endurance, je serai toujours limité en force et puissance.

Arrivé au sommet, il n’y a plus personne et je me retrouve sur les hauteurs à lutter seul contre un vent fort que rien n’arrête… Quelques kilomètres plus tard j’arrive à la pause de Botmeur passablement énervé devant le manque de savoir-vivre de mes camarades et je m’emploie à le leur faire savoir !

 

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Le point de ravitaillement à Botmeur.

 

Le ravitaillement à Botmeur est assuré par Françoise et Georges, eux aussi de notre club, et c’est vraiment « comme à la maison » puisqu’ils nous reçoivent dans leur jardin ! Un accueil chaleureux, de la nourriture en abondance et même du café chaud. Ce dernier est le bienvenu, si la France souffre de la canicule, il fait plutôt frais dans nos vieilles montagnes bretonnes. Le ciel se fait menaçant alors que nous quittons Botmeur et nous sentons même quelques gouttes, fort heureusement rares, nous tomber dessus.

C’est Philippe qui prend les choses en main, en véritable capitaine de route, un art qu’il maîtrise parfaitement afin de ne pas faire éclater le groupe. Pendant ce temps Jean-Pierre et Sabine papotent à l’arrière ! A vous dégoûter du vélo ! Nous gagnons donc Brasparts, Pleyben, où nous faisons un rapide arrêt technique ; à Briec Sabine et Jean-Pierre repassent devant, mais ce dernier ne tient pas en place et se retrouve à chaque coup de pédale 20 mètres devant ! Il est increvable l’ancien et visiblement le sandwich en moins ne se fait pas sentir !... Enfin nous atteignons Quimper.

 

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De gauche à droite : Pascal, Philippe, Jean-Pierre, Michel et Sabine.

 

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On recommence la photo avec un Jean-Pierre qui en chasse un autre.

 

Ceux qui ont eu l’idée de cette randonnée ont été particulièrement vicieux sur le final. Faire Quimper – Bénodet est une plaisanterie au regard de tous les kilomètres parcourus, mais cela eut été trop facile, alors ils ont imaginé de faire passer les cyclos par un itinéraire bien plus accidenté, rajoutant quelques bosses histoire de faire arriver les pauvres participants bien rincés à destination. Cela dit je les passe toutes sans souffrir exagérément, à mon rythme, sans me soucier des fous furieux qui caracolent devant ; je suis fatigué, certes, mais pas totalement cuit, en roulant à ma main je pourrai encore faire pas mal de bornes.

C’est finalement sous le soleil que nous faisons notre entrée dans Bénodet, sur l’esplanade du fort du Coq parfaitement aménagée par les services de la ville, une entrée sous le soleil et les applaudissements des bénévoles du CRQC. L’occasion aussi d’une nouvelle tournée de crêpes et de gâteaux « fait maison » et pour Jean-Pierre encore quelques coups de pédales pour rentrer sur Quimper.

 

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Les bénévoles sur le pont à Bénodet. Au centre Evelyne notre intendante en chef qui comme d’habitude est parfaitement à son affaire.

 

Inexorablement lâché dans les bosses par mes compagnons de route, je me dis que je suis vraiment une cloche, mais un coup d’œil à mon compteur me rassure et j’en arrive tout simplement à la conclusion que l’on ne peut pas être le meilleur partout (!), et si l’on m’avait dit que j’aurais couvert les 237 km d’Océan Manche Océan à 24.64 de moyenne je ne l’aurais pas cru, c’est pourtant le cas et au final j’ai donc vraiment de quoi me réjouir de ma forme actuelle et de ma virée. Cela dit si je dois le refaire, j’opterai pour une version plus cool, en véritable cyclotouriste.

Le temps est venu maintenant de penser à mon prochain objectif, mon pèlerinage annuel à Mauléon en septembre : six étapes pour environ 750 km à allure très tranquille, une règle à laquelle je ne dérogerai pas. Le parcours est tracé, les hôtels / restaurants sont déjà réservés depuis janvier, ne reste plus qu’à entretenir la forme jusque-là… et espérer une météo aussi parfaite que l’an dernier.

 



10/07/2015
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