LE RANDONNEUR GLAZIK

LE RANDONNEUR GLAZIK

LE MARAIS DE MOUSTERLIN

17 mars 2011

 

 

 

 

J’ai rêvé la marche des Calvaires dans le pays des vents

Les chemins chantaient un choral sous le pas des pierres

 

Les Christs sur les croix griffées de bruyère

Montraient leurs stigmates au-dessus des froments

 

Salut les croix disais-je en souvenir des enfances

Et mes ans malades sortaient de mes vils poumons

 

 

 

 

 

J’ai rêvé la fête des Calvaires près des jeunes houblons

Les Christs et les Saints dansaient au bruit des romances

 

Mes années allaient vers la mer avec la troménie

Ainsi que volent les colombes dans une vallée ancienne

 

Ma chair avait force de granit et mon âme bohémienne

Roulait les piétés des grands preux d’Herminie

 

 

 

 

 

J’ai rêvé l’assomption des vieilles croix catholiques

Guimiliau Guehenno Plougastel Tronoën

 

Et les siècles bretons de l’if et du troène

Voguaient allègres vers les grèves atlantiques

 

Qu’allais-je dire aux Christs jaunes verts et bleus

Sinon de me garder en belle vie et stricte obédience

 

 

 

 

 

Et mes bronches lépreuses en féale observance

Crachaient des hosannahs et des psaumes de feu

 

J’ai rêvé la balade des Calvaires parmi les tourterelles

Les paysans portaient un coq triomphal dans leur tête rêveuse

 

L’Isole l’Ellé l’Aven plus clair que la lorraine Meuse

Berçaient la douceur des pietà sous la voute des ombrelles

 

 

 

 

15 juillet 2012

 

Ô Christs en-allés qui marchez sur les lochs et les nuées

En Cornouaille et Léon demeurez jusqu’à la Parousie

 

Cet alcool est mon sang et mon corps cette loque pourrie

La mort de mes parents traverse mes pensées

 

Et les Calvaires erraient chez mes frères humains

Chez madame Guillerm Paul Gauguin buvait des bocks

 

 

 

 

 

Ma fatigue tomba telle une fripe dans les défroques

Je retrouvai ma bonne jeunesse à la croisée des chemins

 

Où donc irons-nous au bout de nos pauvres années

Les tombes se taisent au pâle soleil de Pâques

 

J’ai rêvé la marche des Calvaires dans les néants opaques

De blancs ossuaires se levaient au milieu des marées

 

 

 

 

 

Par-delà les manoirs veufs et les hameaux défunts

Les Croix titubaient sur les routes de mer

 

Et les pierres et les rocs comme autant d’amers

Aux navires endormis montraient les caps opportuns

 

J’ai rêvé l’ultime pèlerinage des antiques Calvaires

Des cormorans criards becquetaient les épaves

 

 

 

 

 

Il y eut des dauphins pour danser dans les lames

Le souffle fertile revenait aux poitrinaires

 

Et les naufragés aux cheveux de laminaires

Essuyèrent sur mes joues la balafre des larmes

 

J’ai rêvé la marche des Calvaires dans le pays des vents

Les chemins chantaient un choral sous le pas des pierres

 

 

 

 

 

 

 Xavier Grall

La Marche des Calvaires

Genèse et derniers poèmes

Calligrammes 1982



24/02/2014
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 25 autres membres