LE RANDONNEUR GLAZIK

LE RANDONNEUR GLAZIK

LA SÈVRE NANTAISE

Après mon troisième pèlerinage Quimper - Mauléon, en ce mois de septembre 2015, je m'offre quelques jours de repos dans la cité qui fut rebaptisée un temps Châtillon-Sur-Sèvre (en 1793) et devint capitale de la Vendée militaire durant la période des guerres de Vendée (1793-1796). C'est seulement le 15 février 1965 que Mauléon retrouve son nom d'origine avec la fusion des communes de Saint-Jouin-sous-Châtillon et de Châtillon-sur-Sèvre.

Qui dit repos dit simplement pas de vélo. Nous nous offrons donc une belle balade pédestre le long des rives de la Sèvre Nantaise, départ depuis le Parc de la Barbinière sur la commune de Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée) avec un passage sous le viaduc de Barbin construit entre 1904 et 1907, d'une longueur de 300m pour une hauteur de 38 m au-dessus de la rivière.

 

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J’entends les chiens qui hurlent ! Voilà les soldats français ! Fuyons vers les bois !

Chassons devant nous nos troupeaux !

Aurons-nous toujours à souffrir, hommes de Cornouaille,

toujours à souffrir les brigands qui oppriment les laboureurs ?

Ils ont déshonoré nos belles jeunes filles, tué la mère et l'enfant et l'homme ;

ils ont tué jusqu’aux pauvres malades à cause de leurs mains blanches.

Ils ont incendié les maisons des pauvres ; ils ont démoli les manoirs ;

ils ont brûlé les blés, brûlé les foins, dans les champs et dans les prairies.

Ils ont coupé les arbres fruitiers de nos vergers, et ils en ont fait du feu ;

si bien qu’il n’y aura plus ni pommes, ni cidre d’ici à neuf ou dix ans.

Ils ont volé nos bœufs et nos vaches et nos génisses, hélas ! Et ils les ont conduits pêle-mêle,

avec les propriétaires, dans les grandes villes, au boucher.

Ils ont volé jusqu’aux vases sacrés des églises, abattu jusqu’à nos clochers,

détruit jusqu’à nos ossuaires, et dispersé les reliques.

Ils ont ravagé les belles vallées de la basse Bretagne, jadis si grasses et si vertes !

Tellement qu’on n’y entend plus la voix ni de l’homme, ni des troupeaux.

 

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Encore si nos yeux pouvaient verser des larmes en toute liberté !

Mais quand il voit couler les larmes, l’homme des villes fait couler le sang.

Encore si nous pouvions trouver une croix où nous mettre sur nos deux genoux,

pour demander à Dieu la force qui nous manque !

Mais votre croix sainte, ô mon Dieu ! a été abattue partout,

et la croix de la bascule a été dressée à sa place.

Chaque jour on voit vos prêtres, comme vous sur le Calvaire,

comme vous incliner la tête en pardonnant à la terre.

Ceux d’entre eux qui ont pu s’enfuir, se cachent dans les bois ; là, ils disent la messe,

la nuit, parmi les rochers ; en bateau, parfois, sur mer.

D’autres, traversant l’Océan, se sont expatriés sans ressources,

aimant mieux servir Dieu que l’homme ;

Aimant mieux manger tranquillement du pain d’avoine en pays étranger,

que de manger du pain de froment, le pain du démon, avec des remords.

Dans leurs maisons, les jureurs vivent du bien des pauvres gens ;

après avoir vendu Dieu, comme Judas, pour de l’or.

Quiconque ne veut pas aller trouver le jureur, est sûr de perdre la vie,

qu’il soit noble ou paysan.

Nobles et hommes d’église, hommes des champs, au front haut,

tous les Bretons sont persécutés parce qu’ils sont chrétiens.

 

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Tu peux maintenant, proie de l’enfer, livrer ton cœur à la joie,

quand tu as fait pleurer nos anges dans le ciel.

Quand tu as substitué la loi des démons à la loi de Dieu,

quand lu as tué les prêtres, les nobles et le roi.

Quand tu as tué la reine, et fait rouler à terre sa tête,

avec la tête blonde d’Élisabeth, la sainte dame, sa sœur ;

Quand tu as jeté dans un cachot infect le fils du roi, pauvre enfant,

et quand tu l’y retiens captif dans la boue et la fange à pourrir et à mourir.

Voile ton front, soleil béni, à la vue de crimes dignes des esprits de l’enfer !

Adieu ! Jésus et Marie; vos statues ont été brisées ; elles ont servi aux bleus à paver les rues des villes.

Adieu ! Fonds du baptême, où nous avons trouve jadis la force de souffrir Va mort plutôt que le joug des méchants.

Adieu ! Cloches saintes, qui chantiez sur nos têtes ;

nous ne vous entendrons plus nous appeler à l’église les dimanches et les jours de fêtes.

Adieu ! Cloches de nos paroisses, hélas ! on a enlevé le baptême à vos fronts ;

les hommes des villes, hélas ! Vous ont fondu pour se faire des sous.

Adieu ! Ô jeunes gens qu’on appelle à l’armée, où l’on perd à la fois l’âme et la vie.

 

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— Au revoir, mon fils, au revoir dans la vallée de Josaphat :

quand tu seras hors de la Bretagne, qui protégera ton père !

Quand les hommes des villes envahiront ma demeure,

on m’entendra dire : « Si mon fils était ici, il me défendrait. »

— Viens dans les bras de ta vieille mère qui t’a porté, mon enfant ; viens sur le sein qui t’a nourri,

mon pauvre cher fils, avant que je meure.

Quand tu reviendras à la maison, je m’en serai allée de ce monde ;

viens ici, viens que je l’embrasse pour la dernière fois.

— Ne pleurez pas, ma mère ; ne pleurez pas, mon père : je ne vous quitterai pas ;

je resterai pour vous défendre, pour défendre la basse Bretagne.

Il est bien douloureux d'être opprimé, d’être opprimé n’est pas honteux ;

il n’y a de honte qu’à se soumettre à des voleurs comme des lâches et des coupables.

S’il faut combattre, je combattrai ; je combattrai pour le pays ;

s’il faut mourir, je mourrai, libre et joyeux à la fois.

Je n’ai pas peur des balles : elles ne tueront pas mon âme ;

si mon corps tombe sur la terre, mon âme s’élèvera au ciel.

 

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En avant, enfants de la Bretagne ! Mon cœur s’enflamme ;

la force de mes deux bras croit ; vive la religion !

Vive qui aime son pays ! vive le jeune fils du roi !

Et que les bleus s’en aillent savoir s’il y a un Dieu !

Vie pour vie ! Amis, tuer ou être tué ;

il a fallu que Dieu mourût pour qu’il vainquit le monde.

Viens le mettre à notre tête, Tinteniac, vrai Breton d’à tout jamais ;

toi qui n’as jamais détourné la face devant la gueule du canon.

Venez vous mettre à notre tête, gentilshommes, sang royal du pays ;

et Dieu sera glorifié par tous les chrétiens du monde.

A la fin la bonne loi reviendra eu Bretagne avec Dieu sur ses autels,

avec le roi sur son trône ;

Alors, les vallées de la Cornouaille deviendront vertes de nouveau ;

alors les cœurs s’ouvriront avec les fleurs du blé et des arbres.

Alors, la croix de notre Sauveur Jésus s’élèvera rayonnante sur le monde ;

à ses pieds de beaux lis en fleur engraissés du sang des Bretons.

 

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Textes :

Théodore Hersart de La Villemarqué

Les Bleus

Barzaz Breiz

Édition de 1846

 

Photos :

8 septembre 2015



13/09/2015
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