LE RANDONNEUR GLAZIK

LE RANDONNEUR GLAZIK

BORDEAUX - SETE

Du dimanche 26 mai au samedi 1er juin 2013

 

Dimanche 26 mai

Bordeaux – Saint Martin de Lerm (71 kilomètres – Dénivelé positif 547m.)

 


De gauche à droite : Jacques - Roger - Yvonne - Moi - Josette -Alain - Michèle - Andrée - Françoise - Georges.

 

Départ dans la nuit de Quimper, le but étant de faire une demi étape dès l’après-midi. Nous arrivons à Bordeaux sous le soleil, la ville est plutôt sympathique et animée mais j’ai hâte de monter sur mon fier destrier et de gagner la brousse ! Ce « prologue » va nous amener par la voie verte Roger Lapébie jusqu’à Sauveterre de Guyenne. Comme cette route réservée au vélo emprunte une ancienne ligne de chemin de fer, ceux qui n’aiment pas le dénivelé positif sont à la fête. La campagne bordelaise est belle sous le ciel d’été et c’est bien agréable de rouler sans se soucier des voitures, même s’il faut faire attention aux cyclistes venant en sens inverse et pas toujours à l’aise sur leur monture ou ne pas relever le manque de savoir-vivre de certains piétons.

 


La Voie Verte Roger Lapébie

 

Une balade bien plaisante où nous faillîmes cependant perdre Josette retenue prisonnière des murs de l’abbaye de la Sauve-Majeure. Si notre camarade avait su trouver l’entrée facilement… elle eut bien plus de mal à trouver la sortie ! Les voies du Seigneur, à défaut d’être impénétrables peuvent parfois se révéler pleines d’imprévus !

J’avoue qu’une bosse ou deux n’auraient pas été pour me déplaire, mais j’aurai sûrement l’occasion de me rattraper. Une fois atteint Sauveterre de Guyenne, et visité sa bastide datant de 1281, nous sortions de la voie verte pour atteindre Saint Martin de Lerm et nos chambres d’hôtes, là je me précipitais sous la douche, pendant que la plupart de la troupe s’en allait visiter une cave.

 


L'abbaye de la Sauve-Majeure

 

Bordeaux - Voie Verte - Créon - Voie Verte - La Sauve - Voie Verte - Sauveterre de Guyenne - D670 / D230 / D129 - Saint Martin De Lerm

 

 

Lundi 27 mai

Saint Martin de Lerm – Tournon d’Agenais (115 kilomètres – Dénivelé positif 1064m.)

 


Bonne humeur de rigueur !

 

Après une bonne nuit de sommeil c’est sous la grisaille et dans la fraîcheur que nous reprenons la route. Peu de difficultés encore si l’on excepte la montée sur Duras pour jeter un coup d’œil au château des ducs, édifice qui gagnerait à être davantage mis en valeur. Plus loin, alors que nous faisons un tour au marché de Miramont de Guyenne nous sommes interpellé du fait de notre qualité de Breton ! Ainsi nous faisons la connaissance de monsieur Roger Péron, adjoint au maire de la commune, né à Gouézec et exilé depuis ses un an à Miramont, le brave en est tout bouleversé de cette rencontre, si nous étions restés papoter une heure de plus, il nous faisait citoyens d’honneur de la ville ! Aussi sympathique soit monsieur Péron il nous faut reprendre la route, quelques gouttes font leur apparition, rien de bien grave, même pas de quoi mouiller le bitume et c’est au sec que nous arrivons à Tombebœuf pour pique-niquer.

 


Penne d'Agenais

 

Le vallonné j’aime bien mais de préférence pas juste après manger, hélas c’est ce qui nous attend. Rien de bien méchant, mais j’ai toujours un peu de mal à remettre la bête en marche après le déjeuner. Une fois échauffé… retour sur terrain plat ! Alors que l’on atteint Villeneuve Sur Lot, dans le milieu de l’après-midi, le soleil fait son apparition, il ne nous quittera plus de la journée, l’occasion est belle de se faire une terrasse au pied de la très belle église Sainte Catherine. Puis c’est le retour sur l’asphalte, en pleine circulation, heureusement nous bifurquons rapidement pour nous lancer à l’assaut de Penne d’Agenais. Jacques qui conduit le mini-bus et a reconnu le terrain nous a prévenus : ça monte et c’est raide, du coup une partie du groupe décide de filer directement sur la ville étape. Les autres constatent que Jacques n’a pas menti : 1km6 à 7 - 8 % de moyenne avec des passages autour de 10%, au total 2km7 de montée jusqu’à la basilique Notre-Dame-de-Peyragude, pas de quoi arrêter un cyclotouriste aguerri, d’autant que le revêtement est bon et la vue du sommet splendide. Quand nous regagnons la route que nous avions quittée il y a peu, le débit automobile s’est considérablement calmé et l’on déroule tranquille en prenant le temps de fêter dignement le premier « 100 km » de Françoise (Georges, son mari, qui se trouve dans l’autre groupe y aura droit aussi). La journée s’achève avec l’arrivée sur Tournon d’Agenais par une belle montée dans laquelle je m’amuse bien. Nous allions passer une agréable soirée dans un charmant village orné d’une bastide datant de 1270, village qui faillit cependant être victime d’une émeute quand une troupe de barbares bretons assis autour d’une table commencèrent à manquer de pommes de terre ! Il faut bien l’avouer si la nourriture était bonne, c’était à se demander si le cuisinier n’était pas Bigouden !

 


Tournon D'Agenais

 

Saint Martin De Lerm - D15 / D15E5 / D134 - Duras -D668 - La croix Moustier - D668 - Allemans du Dropt - D668 - Miramont De Guyenne - D667 - Tombeboeuf - D667 - Teysset - D667 - Sainte Livrade Sur Lot - D911L / D446 - Villeneuve Sur Lot - D661 - Penne D’Agenais - D661 - Tournon D’Agenais

 

 

Mardi 28 mai

Tournon d’Agenais – Castelnau de Montmiral (116 kilomètres – Dénivelé positif 1392m.)

 


Fin mai dans le sud de la France... cherchez l'erreur !

 

« Ça va être bien ! On va chercher le soleil ! La chaleur ! ». C’est ce que nous promettait madame la présidente… En attendant il pleut, et la tenue d’été dort au fond du sac ! Pour rajouter au malheur de certains la matinée sera particulièrement fournie en bosses. Une belle, entre autres, sera celle qui permet d’atteindre Lauzerte, labellisé « Plus beaux villages de France », courte mais intense. Peu après, un véhicule utilitaire de location aux couleurs d’un supermarché ralenti à ma hauteur, je ne manque pas le « Landudec » inscrit sur le flanc du dit véhicule, « salut les Quimpérois ! Vous n’auriez pas vu deux gars du QCC ? » - Le QCC étant bien évidemment le Quimper Cyclo Club, - C’est ballot quand l’intendance perd ceux qu’elle est censé ravitailler. Je ne sais pas si les deux hommes sont arrivés à Barcelone, leur destination, avec ou sans leur soutien logistique, en tout cas nous ne les avons pas ramassés hagards et affamés dans un fossé…

Je l’ai dit, cette matinée n’est pas avare de dénivelé positif, moi ça me plaît, mais alors que je m’amuse à l’avant, un drame se joue à l’arrière, un drame qui va secouer pour encore longtemps les habitants de La Française et sa campagne environnante qui y assistèrent impuissants : Annick se retrouvant à court de saucisson ! Et Annick sans saucisson c’est Popeye sans ses épinards, Astérix sans sa potion magique, Armstrong sans son EPO... Heureusement arrive le pique-nique, et une crise pire que celle de 1929 est évitée. Nous nous posons à l’Honor de Cosse, village où il faut venir avec « son manger » si l’on ne veut pas y mourir de faim !

 


Bruniquel

 

Le cyclotourisme c’est aussi l’occasion de s’enrichir au contact d’autres cultures régionales, ainsi lors de la pause café dans le petit village de Mirabel notre vocabulaire se dote d’un mot qui allait faire le voyage avec nous (et qui devrait servir sûrement encore) : le « rapaillou » (de l’occitan rapalhon) désigne une côte, un raidillon, évidemment il faut pour que le mot garde toute sa saveur le prononcer « avé l’assent ». Cela dit des rapaillous nous n’en reverrons plus de la journée. Journée marquée par la visite d’une autre commune estampillée « Plus beaux villages de France », Bruniquel. Un site magnifique où je ferai bien rire mes petits camarades : Les cales Keo pour pédales automatiques Look sont parfaites tant que l’on reste sur le vélo mais une fois devenu piéton, attaquer une ruelle pavée à forte pente équipé de la sorte relève de l’exploit… C’est donc les chaussures à la main que je ferai la visite de Bruniquel !

Un dernier effort, Yvonne et moi nous permettant un coup d’accélérateur sur un final plutôt plat ; lâcher les watts de temps en temps cela fait du bien, nous gagnâmes ainsi, en partie sous la pluie, le camping des Chênes Verts et ses mobil homes au pied de Castelnau de Montmiral avant d’aller manger de l’herbe dans une soucoupe volante !... Comprenez d’aller dîner végétarien dans une maison dôme tournant sur elle-même.

 


Bruniquel

 

Tournon D’Agenais - D656 / D 18 / D2 - Montaigu De Quercy - D2 - Lauzerte - D2 / D927 / D20 - La Française - D40 - L’Honor De Cosse - D40 - Mirabel- D40 - Realville - D78 - Bioule - D78 - Montricoux - D115 - Bruniquel - D1 / D964 - Castelnau de Montmiral

 

 

Mercredi 29 mai

Castelnau de Montmiral – Brousse le Château (101 kilomètres – Dénivelé positif 1205m.)

 


En longeant le Tarn

 

Côté météo cela ne s’arrange pas, alors que nous attaquons la montée vers Castelnau de Montmiral le ciel reste résolument gris et humide. A Gaillac nous visitons… une pharmacie pour Andrée qui arrivée malade sur notre périple repartira malade. Le temps de nous égarer à Marsac suite au mauvais conseil d’un autochtone, (qui n’est sans doute jamais sorti de son village, sinon des avis de recherche le concernant seraient affichés partout !) ; par chance je me rappelle qu’à cet endroit nous ne devions pas traverser le Tarn, l’erreur d’aiguillage est très vite réparée. Nous voici à Albi où nous ne manquons pas de visiter l’imposante et impressionnante cathédrale Sainte Cécile, hélas la pluie se met à tomber ce qui n’encourage guère à flâner dans la ville, nous reprenons notre route dans une circulation très dense. Un moment pas vraiment agréable qui me conforte dans mon rejet des grandes villes quand je fais du cyclotourisme. A la sortie d’Albi, sur la commune de Saint Juery, nous manquons le bon embranchement et nous retrouvons du mauvais côté du Tarn. La pluie tombe toujours mais nous dénichons un endroit au sec pour notre pique-nique… au moment où elle s’arrête ! Après déjeuner nous gagnons un bar-restaurant pour prendre un café (fin mai dans le sud on se serait attendu à courir davantage après une boisson fraîche !), nous entrons, pas âme qui vive, nous appelons, rien ne se passe, nous aurions pu partir avec l’argenterie et les serviettes, personne n’aurait rien vu ! C’est finalement dans un bar à Ambialet que nous pouvons enfin boire notre café… plutôt cher et au grand dam de Josette servit sans petit gâteau et par une propriétaire guère aimable, pourtant vu le coin perdu elle gagnerait à choyer sa clientèle !

 


Brousse Le Château

 

Finalement pour une partie de notre groupe l’erreur de parcours est une aubaine, plutôt que de passer par-dessus les collines, on va passer dedans… grâce à deux longs tunnels, bien éclairés, dont l’un faisant quasiment 1 kilomètre (ça ne sera pas le cas plus loin où dans un tunnel bien sombre, mais heureusement très court, Roger s’en ira caresser le mur !). Pour le bulletin météo c’est toujours la soupe à la grimace, de fréquentes averses, des températures très fraîches, par « chance » le vent qui souffle assez fortement nous est favorable. Tout au long de l’après-midi nous longeons le Tarn avec le grand regret de ne pouvoir le faire sous le soleil, le tableau eut été autrement plus admirable. C’est seulement lorsque nous arrivons à Brousse le Château où nous attendent gîte et couvert que le soleil fera une timide percée. Nous passerons un fort agréable moment au Relays du Chasteau sans manquer évidemment la visite du village lui aussi classé parmi les « Plus beaux villages de France », un site remarquable et un délicieux repas, que demander de plus ?

 


Brousse Le Château

 

Castelnau de Montmiral - D964 / D4 - Gaillac - D13 - Marssac Sur Tarn - D13 - Terssac - D13 - Albi - D100 / D700 / D100 - Saint Juery - D100 / D172 - Ambialet - D77 - Villeneuve Sur Tarn - D76 / D172 / D200 / D902 - Brousse Le Château

 

 

Jeudi 30 mai

Brousse le Château – Millau (83 kilomètres – Dénivelé positif 1103m.)

 


Entre Brousse Le Château et Brocquiès

 

Nous quittons Brousse le Château sous une pluie fine, quant aux températures elles refusent obstinément de décoller. C’est par une belle montée que nous commençons la journée pour l’étape la plus courte du voyage, pas le choix, nous devons faire halte à Millau sauf à vouloir dormir dans la pampa. En attendant je profite de ces quelques kilomètres d’ascension, une fois arrivé au sommet la pluie cesse… et mes ennuis commencent ! Alors que nous descendons sur Brocquies, je crève une fois de plus, ça n’est jamais que la dixième crevaison en un an et demi (et environ 15 000 km). Je répare dans les règles de l’art, je repars et ne fait pas 200m, et de onze ! C’est encore le pneu le coupable, pour la troisième fois en un an une coupure sur le flanc (et celle du jour pas facile à déceler), et dire que je prends des pneus qui ont la réputation d’être parmi les plus résistants et que celui du jour n’avait même pas 1000 bornes ! C’est à désespérer. Ne me restait plus qu’à monter le pneu de rechange, en espérant qu’il ne m’arrive pas encore pareille mésaventure au milieu de nulle part…

Pour le déjeuner, pour changer du pique-nique et histoire de ne pas manger encore une fois dans la froidure nous optons pour un resto à Vabres l’Abbaye. L’idée n’est pas mauvaise mais une entrecôte avec des frites en quantité suivi d’une mousse au chocolat, pour moi qui mange léger le midi, je vais les sentir passer quand il faudra remonter sur le vélo. Enfin rien de bien méchant n’est-ce pas ? C’est du cyclotourisme, pas le Tour de France, il n’y a pas le feu ! N’empêche que l’entrecôte se rappellera à moi sur les six kilomètres de montée, pas très difficile il est vrai, à la sortie de Saint Affrique.

 


Cascade à Saint Rome de Tarn

 

Dans la longue descente qui suit, vers Saint Rome de Tarn, nous avons un aperçu de ce que nous aurions subi si le vent avait été, comme à cet endroit, défavorable, pas question de se laisser vivre, il faudra pédaler jusqu’en bas. Un cycliste rencontré à Vabres l’Abbaye, un gaillard taillé pour la compétition mais pas sectaire envers les poils aux pattes, nous a conseillé de visiter une cascade en bas de Saint Rome de Tarn, nous ne regretterons pas d’avoir suivi son conseil. Puis c’est l’arrivé sur Millau et son célèbre viaduc, une œuvre architecturale qui se fond parfaitement dans le paysage, comme le très joli village de Peyre accroché à sa colline, un beau mariage du moderne et de l’ancien dans ce coin de France.

Je ne peux terminer le compte rendu de cette journée sans parler de notre gîte, le Millau Hôtel Club ; outre le fait qu’Alain et moi eûmes la désagréable surprise de nous retrouver dans une chambre puant le tabac froid, nous fûmes harcelés pendant tout le repas par un chanteur local à la voix quelconque reprenant des standards de la chanson française que j’aurais aimé ne pas voir déterrer ou des titres inconnus qui méritent de le rester. Après le repas nous nous retirâmes dans un salon plus tranquille pour une interrogation écrite portant sur notre voyage et préparée par le professeur Jacques. Un petit jeu remporté brillamment par Roger, je me contentais d’une deuxième place, ce qui compte tenu de mon handicap sur les questions portant sur le pinard n’était pas si mal…

 


Peyre

 

Brousse Le Château - D54 - Brocquies - D25 - Vabres L’Abbaye - D999 - Saint Affrique - D993 - Saint Rome De Tarn - D993 / D96 / D41 - Candas - D41 - Millau

 

 

Vendredi 31 mai

Millau – Bédarieux (124 kilomètres – Dénivelé positif 1533m.)

 

 Le long de la Dourbie

 

La sortie de Millau est un peu laborieuse, pas facile de trouver notre chemin, par chance le temps est au sec, nous aurons même quelques belles éclaircies pour nous réchauffer la couenne, hélas dès que le soleil se planque derrière les nuages il ne fait plus très chaud. Ce matin le décor est grandiose, nous traversons le canyon de la Dourbie, splendide, jusqu’à Nant c’est un régal pour les yeux. Après une petite pause nous attaquons la plus longue montée de notre périple, sept kilomètres absorbés sans problème et un paysage qui vaut toujours le coup d’œil. Chacun montant à son rythme, Alain et moi nous arrêtons au sommet et attendons le reste de la troupe en profitant du soleil… et du vent presque glacé qui souffle sur les hauteurs du plateau du Larzac que nous venons d’atteindre. Quand nous reprenons la route le ciel se couvre, et pendant un bon moment nous sommes exposés à un fort vent latéral, qu’aucun obstacle ne freine, et au froid ; franchement qui voudrait vivre dans ce trou à courants d’air à part quelques babas cool crasseux fumant ce qu’ils sèment ? ! Heureusement nous bifurquons assez rapidement pour retrouver vent arrière et redescendons vers des contrées plus hospitalières, en l’occurrence le village de Cornus où nous pique-niquons sous le soleil revenu.

 


Le long de la Dourbie

 

L’après-midi est agrémenté d’un parcours fortement vallonné, dans une descente nous manquons de peu de finir au milieu d’un troupeau de moutons ! Alain qui s’est arrêté faire des photos nous le signale suffisamment tôt, le chien chargé de conduire le troupeau vient à ma hauteur visiblement pas content mais comme je ne parle pas couramment le langage canin, je ne comprends pas ce qu’il me veut. La bergère mettra un certain temps à traduire et pendant que nous nous écartons pour laisser passer les bestioles, Annick nous fait un cours magistral sur la vie trépidante des moutons… Quelques kilomètres plus loin, alors que nous sortons de Ceilhes un coup de sifflet tonitruant retenti, aussitôt je m’arrête, j’ai reconnu le sifflement dont Françoise s’était servie pour rappeler son mari quelques jours plut tôt (elle m’assura d’ailleurs que ça n’était pas là sa façon habituelle de l’appeler). Nous retrouvons donc, autour d’un café, Françoise et ceux qui fatigués ou malades voyagent dans le mini-bus avant d’attaquer la dernière bosse de la journée. Un ultime effort plutôt facile… contrairement à la descente qui suivra, bien plus raide et compliquée par un vent violent qui jouait avec nos nerfs dans les lacets. Le reste de l’étape jusqu’à Bédarieux, après une courte pause au barrage d’Avène, nous offrit une belle partie de manivelle sur terrain plat et vent dans le dos, de quoi se prendre pour un coureur cycliste ! Je ne m’étendrai pas sur l’hôtel qui nous accueillis ce soir-là où je ne sais ce qui me dérangea le plus : la douche froide ou la blanquette de veau préparée par le cuistot dont le seul effort fut sans doute d’ouvrir la boite de conserve… sans compter que la cuisine devait se trouver à un bon kilomètre de la salle de restaurant, comment sinon expliquer que les pâtes arrivèrent à moitié froide ?

 


Après Nant

 

Millau - D991 - Roque Sainte Marguerite - D991 - Nant - D999 / D55 / D7 / D65 - Cornus - D7 - Fondamente - D93 / D393 / D902 - Ceilhes - D8 – Avene - D8 - Bousquet D’Orb - D35 - Bédarieux

 

 

Samedi 1er juin

Bédarieux – Sète (102 kilomètres – Dénivelé positif 648m.)

 


Après Bédarieux

 

Déjà la dernière étape… Notre voyage va s’achever sous le soleil et avec des températures qui nous permettent de sortir enfin les tenues d’été. Le vent souffle fort mais il fait comme nous : route plein sud. Pour bien démarrer la journée quoi de mieux qu’un rapaillou ! Une route bien large, un bon revêtement, et j’en profite pleinement d’autant que ça sera la dernière du voyage. Eole s’en donne à cœur joie au grand bonheur de Jacques qui attaque la descente toutes voiles dehors, il fonce vers la Méditerranée… et rate la sortie pour Laurens ; rien de grave on le récupère à Magalas, le village suivant. Nous déambulons sur de petites routes paisibles, à travers des vignes, nous laissons derrière nous le relief capricieux et la seule bosse de la journée. Notre tranquillité ne sera guère perturbée jusqu’à Boujan Sur Libron, les choses ensuite se compliquent, Béziers est tout proche. Entre l’option s’égarer en ville au milieu de la circulation ou emprunter une rocade (autorisée aux vélos tout de même) qui nous emmène directement là où nous souhaitons aller, j’ai choisi l’option « rocade ». Malgré le flot assez dense de voitures tout se passe bien, des cyclos prudents et des automobilistes respectueux font bon ménage, nous atteignons Villeneuve les Béziers sans encombre et juste à l’endroit où il faut : sur la voie verte qui longe le canal du midi. Le contraste est saisissant, de l’horreur mécanique nous passons sans transition à la béatitude champêtre. Le temps d’admirer des flamants roses et nous arrivons au bout de la voie verte, à Portiragnes où le moment est venu de pique-niquer.

 


Les flamands roses

 

Nous touchons au but malgré notre boussole qui s’affole à Agde, nous suivons la direction de Marseillan alors qu’il nous fallait prendre Marseillan Plage, cela nous fait quelques kilomètres en plus, un peu désagréable cependant car le vent nous prend sur le côté et il faut redoubler de prudence en raison des fortes rafales promptes à nous jeter au sol. Enfin nous atteignons Marseillan Plage, de là jusqu’à Sète nous empruntons une toute nouvelle voie verte, le revêtement est parfait, le décor un peu décevant. Nous sommes coincés entre la dune et un espace vert qui nous cache à peine la route et la voie ferrée, enfin, ne nous plaignons pas, il y a un an encore c’est au milieu de la circulation que nous aurions achevé notre voyage. On aperçoit Sète et le mont Saint Clair mais pour contempler la mer il faut passer la dune, c’est beau, mais il faut relativiser, leur flaque d’eau ne sera jamais aussi belle que notre océan ! Il faut bien l’avouer cette dernière étape aura été sans doute la moins intéressante, nous avions pris l’habitude de ne plus croiser grand monde et avions traversé des paysages grandioses… Notre voyage touche à sa fin, pour la dernière nuit nous logeons dans un village vacances, il y a foule, j’avoue trouver la chose assez pittoresque, en tout cas contrairement à la veille, la nourriture est à la hauteur.

 


En vue de Sète

 

Bédarieux - D909 / D136 - Laurens - D18E10 - Magalas - D18 - Puissalicon - D33E4 - Lieurans Les Béziers - D33E4 / D15 / D39 - Bassan - VC - Boujan Sur Libron - D15 / D612 - Villeneuve Les Béziers - Voie Verte - Portiragnes - VC - Vias - D912 - Agde - D51 - Marseillan - D51E5- Marseillan Plage - Voie Verte - Sète

 

 

Je termine donc cette aventure avec 712 kilomètres au compteur (comme je ne conduis pas –merci d’ailleurs à toute l’équipe pour ce passe-droit – j’ai couvert la totalité du parcours) et de bons souvenirs pleins la tête, même si la météo n’a pas été digne de l’évènement. Finalement pour un parcours qui annonçait pas loin de 7000m de dénivelé positif, je l’ai trouvé assez facile, il est vrai que le vent souvent fort nous a toujours été favorable et que nous avons roulé tranquille, comme se doivent de rouler des cyclotouristes. Une semaine qui s’est déroulée dans une bonne ambiance et qui n’incite qu’à une chose : repartir…

 




17/01/2014
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